Le rire sacré des femmes
"Ce qui nous rend plus forts, meilleurs, plus généreux, plus sensibles, est sacré."
Clarissa Pinkola Estes.
Dates :
- Pas de stage cet automne. Me contacter si vous êtes intéressée.
Lieu :
- Lausanne.
Deux formules:
- "le rire de Demeter", une réactualisation du mythe de Demeter annonçant le renouveau. pour les femmes ayant suivi le week-end initiatique "la pratique du chant de Grâce".
- Le rire sacré des femmes, en week-end, ouvertes à toutes !
C’est plus soft, plus progressif pour accéder au rire complice des femmes.
Pour tout âge, toute forme, tout complexe et tout sourire confondus.
Le rire est une transgression, une prise de pouvoir sur notre vie, sur nos douleurs, nos imperfections. Le rire est une mise à distance nécessaire des images que l’on porte sur nous, femmes.
Le rire est ce qui fait sauter les corsets, ouvrir la bouche (et le sexe) de plaisir !
Le rire est une des formes naturelles de la complicité entre femmes.
Dans notre monde contemporain, il s’agit parfois d’un véritable ré-apprentissage.
La femme « libérée » cherche à retrouver une « parole de corps » et le rire en est une, essentielle.
Sur ce week-end, nous utiliserons des exercices du Yoga du rire pour préparer notre corps à cette expression. Nous traverserons nos croyances restrictives, nos jugements et nos blocages concernant le corps, le temps, les émotions et les tabous que la clowne sacrée peut transgresser. La musique nous accompagnera en bonne conseillère.
Nous partagerons ce qui définit un rire féminin.
Nous aborderons les mystères féminins grecques issus du grand rire mythologique de la Terre Mère (Demeter) pour porter notre rire sur le plan sacré.
Rire : c'est rire AVEC et non SUR...
Rire: c'est du plaisir et non du ressentiment
Rire: c'est faire un acte révolutionnaire pour que la Terre tourne enfin avec nos rondeurs
c'est une danse spontanée pour notre ventre de femme,
c'est se regarder avec le sourire du coeur; pour s'auto-dérider sans artifice,
c'est une complicité qui va s'amplifier de rires en rires,
ce sont des facéties et de l’autodérision.
Dates : week-end non résidentiel
28-29 novembre 2009
entre 10h et 17h.
Lieu : Salle Sésame, Palézieux-Gare. A 5mn à pied de la gare. En face de l’Auberge de l’Union.
Pratique : pique-nique à midi. Prendre des habits chauds et confortables ainsi que des chaussettes ou chaussons antidérapants (!)
Prix : Frs 200.- non-remboursables dont Frs 50.- d'arrhes à l'inscription.
Vous êtes intéressée ? Inscriptions dès maintenant au 079 794 27 25 ou
Le rire sacré des femmes
Par Marianne Grasselli Meier (paru dans la revue Recto-Verseau d’avril 2009)
Deux grands éclats de rire féminins ont retenti de l'Antiquité jusqu'à nos jours : celui de Sara et celui de Demeter. Sara, ménopausée et âgée, apprend qu'elle est enceinte et lance un rire tonitruant à la face de Dieu! Demeter dans une longue agonie mélancolique, alors qu'elle a perdu son unique fille, voit une vieille servante lever ses jupes devant elle, lui faire une danse du ventre lascive tout en lui racontant des histoires … dont l'histoire ne nous dit rien du contenu, mais de l'effet: Demeter rit et grâce à ce rire retrouvé, décide de renouer avec l'élan vital et toute la Nature avec elle: le renouveau printanier a lieu ! Deux grands rires qui ne sont pas issus de simples blagues mais touchent à l'essence même de la Vie, du Créé, dont la femme est porteuse même au-delà de toutes les limites que corps et psyché semblent lui interdire.
Revisiter ces mythes c'est porter le rire dans un espace sacré. Au-delà de l'anecdote comique du quotidien et de la condition humaine qui peut être détournée, raillée, exagérée pour nous faire rire, ici nous touchons à l'Etre et à sa part essentielle qui souffre, espère, abandonne, croit, vit, meurt et revit … grâce au Rire démesuré (au-delà de toutes mesures- au-delà de toutes limites) de ces femmes. Lorsque nous parlons entre nous, il nous semble évident que la femme de tous temps, de toute guerre, de tout massacre, de tout vide, de toutes angoisses, a eu le pouvoir de poursuivre, de porter la Vie en utilisant l'humour pour démystifier l'horreur et la peur, et s'accrocher aux seules étoiles qui pouvaient la guider.
Le rire féminin: le contenant du corps
« C'est comme si ce corps longtemps chanté, décrit, idéalisé, envahi,
fantasmé par l'autre, avait besoin d'abord d'une reconnaissance
symbolique de la femme elle-même avant de servir à faire rire ».
L'humour du sexe, le rire des filles Lucie Joubert Ed. Triptyque 2002 Québec
Un corps qui rit est un corps de plaisir et celui-ci a été longtemps interdit. L'historique du rire féminin passe donc par l'émancipation des femmes, par le droit à avoir un corps, en décider le plaisir ou/et l'enfant; en exiger le respect pour mieux le livrer en toute liberté. Le rire n'était pas "bien vu"; la femme qui riait aux éclats était perçue comme indécente, femme de "mauvaise vie". Rire à "gorge déployée" c'est montrer sa poitrine. Le corps, muselé par les corsets, s'il peut à peine respirer, ne peut s'autoriser à rire. Ce n'est que déshabillées que les femmes vont pouvoir vivre le rire, donc… tout d'abord entre elles ! les statistiques d'aujourd'hui prouvent ce que nous savions déjà: les femmes rient plus que les hommes. Ils le savent, eux: "Femme qui rit, femme au lit" dit le dicton. L'humour masculin est un grand séducteur et les femmes un si bon public! Elles aiment tant plaire, montrer leur dévotion, leur soumission. Elles riront donc pour aimer et si …discrètement, la main sur la bouche à peine entrouverte, qu'elles en sont croquantes! Ne nous trompons pas: le rire est un rapport de forces et la femme va vouloir ce pouvoir. Elle s'essaie d'abord en vase clos, dans le clan des femmes, avec celles qui rejetant manteaux, robes remontant sur le cou, corsets et société, rient de leurs aventures, de leurs travers, de leurs espoirs, des hommes et … des autres femmes bien sûr !
Le contenu
L'autodérision est le premier humour féminin accepté car il ne touche que les femmes elles-mêmes ! les hommes et la société en sont quittes. Le talent inné d'observation des femmes envers leurs semblables va jouer en leur faveur: chez les jeunes, les rivalités, la jalousie, les conflits intergénérationnels vont permettre des blagues infinies; alors que les anciennes vont apprendre aux plus jeunes la "sagesse du rire": comment rire du tragique de l'existence. Nous pouvons parler ici du "rire minoritaire" terme utilisé pour celui des juifs lors de la dernière guerre mondiale: un rire cherchant à se revaloriser, à se recréer un cadre narcissique suffisant pour survivre. Le copinage, forme non reconnue de réseau primordial féminin, participe activement au levain qui fait lever les femmes, le regard porté vers un avenir partagé et donc supportable. Les femmes entre elles rient de leur corps, de leurs enfants, de leurs compagnons, de leurs bêtises, de leur vulnérabilité, de leurs maladresses, de leurs peurs, de leurs croyances. Ce petit monde clos qui autrefois se retrouve aux veillées qui pour tricoter, qui pour coudre, va même être condamné par l'Eglise qui interdit en France, l'assemblée des femmes (que je nomme ainsi pour faire le lien avec la Grèce Antique).
Historique: rire profane et émancipation
« J'aime la femme qui rit. Il semble alors que son vagin remonte jusqu’à sa bouche en vrillant, comme certaines fusées de feux d’artifice. » Henry de Montherlant
En France et en Romandie, nous avons tous en tête Jacqueline Maillan ou Maria Pacôme sur une scène de théâtre, alors que nous avons perdu le son d'une Yvette Guilbert qui en 1892 déjà chantait les louanges endimanchées d'une grand-mère parlant de ses nombreux amants à ses petites-filles! Les comédiennes comiques font leur apparition sur le petit écran et osent afficher des caractères imposants, souvent caricaturaux de la femme. Dès les années 1970, les "3 Jeanne", jeunes femmes comédiennes toutes en instance de divorce(!) créent le premier répertoire de comique féministe; les thèmes des relations déséquilibrées homme-femme, du regard de la société sur la femme, de son droit à avorter, vivre, avoir du plaisir, jouir, vieillir…Une observation qui fait réfléchir tout en secouant nos poitrines alors sans soutien-gorges (rappelez-vous ces années-là!). Les hommes apprécient moyennement ou alors ils attendent stoïquement car notre plaisir précèdera le leur.
Un nouveau pas est franchi lorsque Florence Foresti, Julie Ferrier, après des Anne Roumanoff, Sylvie Joly, Muriel Robin…osent créer leurs propres sketches et FONT rire par le regard qu'elles portent sur le monde. Leur humeur est fédérateur, sans attitude typique de genre, mais quelques-uns de leurs sketches apportent un regard typiquement féminin sur la société. C'est souvent grinçant, parfois même mélancolique. C'est clownesque et respectueux. Le rire féminin que je qualifierai ici de " profane" porte les différences de ses comédiennes. Il en émergera sûrement des similitudes car les femmes ne rient pas de "tout" ni "n'importe comment". Mais cela nous entraînerait trop loin dans cet article. Posez-vous juste la question pour vous-mêmes: qu'est-ce qui ne vous ferait en tout cas pas rire?
Le rire rituel
Revenons à la Grèce Antique: Demeter a redonné un tour de cycle à la Nature grâce à sa rencontre avec la servante d'Eleusis, Baubò. Ce mythe est revisité d'année en année grâce à des rencontres entre femmes mariées (uniquement), basées sur un rituel accordant une grande part au jeûne, à la danse (sur des rythmes précis) et à l'évocation de situations cocasses, sexuelles et lubriques dont les femmes raffolent. Aux portes du temple, les hommes impuissants ne pourront qu'entendre l'écho des rires qui fusent sur trois jours et ne jamais en connaître le contenu. Le poète comique Aristophane en fera une pièce.
Renouer avec cette assemblée de femmes, dans un cadre ritualisé, permet de retrouver la force sauvage du rire premier, sans rapport à la séduction toujours présente entre hommes et femmes. Clarissa Pinkola Estès écrit dans "Femmes qui courent avec les loups" combien ce rire entre femmes est sacré, vivifiant, même s'il n'est pas aisé à contacter, les femmes étant très préoccupées par leur image.
Les stages que je propose permettent d'apprivoiser les thèmes propres à chacune (les tabous personnels) et sont mis en terre comme dans ce rituel féminin ancestral pour être donné à l'œuvre de la Terre Mère ( De-Meter); ce sont nos limites, nos peurs, tout ce que nous redoutons et qui fait barrière à un élan vital profond jusqu'à ce que tout notre corps puisse à nouveau "vibrer de rire". La musique tient une place particulière dans cet accompagnement.
Organiser du rire

Baubò statuette
de Priène
semble paradoxal, mais notre société a perdu la spontanéité joviale du petit enfant qui rit de tout. Après les visites aux enfants dans les hôpitaux, les clubs de rire ouverts à tous pour faire de nos corps un contenant disponible, le Rire poursuit son travail de transformation. Car l'humour n'est jamais loin du tragique. Celui (ou celle) qui fait rire, sait, connaît et dénonce souvent. Ils (ou elles) sont scandaleusement drôles. Ils dérangent. Ils mettent tout de travers pour que nous retrouvions des repères auxquels nous adhérons profondément. Un devoir de vérité. Rire n'est jamais anodin. C'est essentiel, sacré et en même temps oublié dans l'instant tant la mission du rire est pur moment de plaisir présent! Les mots sont ceux d'une thérapie de la joie retrouvée; une thérapie de la transformation. Quant aux bienfaits du rire sur la santé tant psychique que physique, ils mériteraient un article à eux seuls.
Le rire est à la base de deux stages que je propose aux temps des carnavals originels: Le Rire Sacré des Femmes (week-end sur fin novembre) ou le Rire de Demeter (mythe, rire rituel, clowne sacré : 1ère phase octobre, 2e en février) sont des exemples créatifs du rire à l'usage des femmes.
De multiples stages privilégient l'accès au corps spontané, vivant, communicatif et riant: faites vos choix ! quinze minutes de rire par jour serait un élixir de longue vie.

